Justice pour Roland Veuillet

Ce que Roland Veuillet demande au ministère...

samedi 17 février 2007

Bientôt deux mois sans s’alimenter. Bientôt deux mois que Gilles de Robien refuse de voir et d’entendre Roland Veuillet et les milliers de personnes qui pétitionnent, manifestent, soutiennent, malgré le silence de nombreux grands médias. Mais que veut finalement Roland Veuillet, et que voulons-nous, avec lui ?

Roland Veuillet demande une enquête administrative. Cette procédure existe dans d’autres ministères. Elle est confiée à un petit groupe de fonctionnaires, mandatés par une feuille de route précise, ayant l’assentiment des deux parties, pour reprendre l’affaire à sa source et expliquer, en l’occurence, ce qui s’est passé au lycée Dhuoda de Nîmes en 2002/2003. Ses conclusions seront transmises à une Commission Administrative Paritaire Nationale qui pourra se prononcer sur l’annulation de la sanction, en toute connaissance de cause.

Il faut noter que cette revendication va moins loin que celles de l’intersyndicale nationale : il ne s’agit pas d’une position « extrémiste ».

Roland cessera sa grève de la faim dès que cette enquête sera diligentée, à condition que nous ayons des garanties sur son sérieux et son impartialité, et que la sanction soit suspendue durant la durée de cette enquête. Cette situation peut être réglée en une heure.

Qu’entendons-nous par « enquête administrative » ?

Avec des témoignages écrits contradictoires, et des auditions écrites qui garantissent la protection des témoins, il s’agit :
- de comprendre la relation entretenue par le Proviseur et les élus au Conseil d’Administration du lycée Dhuoda à l’époque des faits, le climat qui y régnait ;
- de se pencher sur le dossier administratif de Roland Veuillet, pour comprendre pourquoi, en particulier, des dizaines de pièces d’origine syndicale y figurent, alors qu’elles ne devraient pas y être ;
- de comprendre pourquoi le Proviseur et le Recteur avaient décidé, de longue date, de sanctionner Roland Veuillet, comme l’attestent certains écrits en notre possession ;
- de faire toute la lumière sur l’épisode de l’ordre illégal donné oralement à Roland par sa direction pour faire remplacer les surveillants grévistes par des élèves majeurs. Qui a contrevenu à la loi ? Qui a mis en danger la sécurité des élèves ? Qui mérite une sanction ? De notre point de vue, c’est le Proviseur ;
- de reprendre le dossier du conseil de discipline, pour savoir s’il a été monté de manière juste, ou entièrement à charge contre Roland Veuillet, au mépris de la vérité, comme nous l’affirmons ;
- de reprendre le procès-verbal du conseil de discipline, pour savoir s’il est fidèle à la réalité, ou rédigé uniquement pour charger Roland Veuillet, comme nous le pensons ;
- de comprendre pourquoi Roland Veuillet s’est élevé contre le projet de « plate-forme technologique », reposant sur une convention qui fait du MEDEF un partenaire privilégié de l’Éducation Nationale ;
- il s’agit également de savoir si la convention entre le MEDEF et le lycée Dhuoda a bien été signée, en toute connaissance de cause, selon la procédure légale, par le Conseil d’Administration, ou si elle est passée "en douce", comme nous le pensons.

En 2004, le médiateur de l’Éducation Nationale n’a pas fait son travail de manière impartiale et complète. Contrairement à ce que dit le ministère, il n’a pas fait d’enquête. Il a fait des promesses à l’intersyndicale, dans le seul but de voir Roland cesser sa première grève de la faim, mais il a ensuite confirmé le point de vue du Recteur et du Proviseur, sans tenir compte du reste. Dans ses conclusions devant la Cour Administrative d’appel, le Commissaire du Gouvernement a évoqué ce travail dont « il n’y a pas lieu de s’attarder sur le caractère original ».

Les hauts fonctionnaires préfèrent généralement protéger leurs pairs, même lorsque ces derniers prennent des libertés avec la loi, montent une cabale contre un élu du personnel, bricolent un procès-verbal de Conseil d’Administration, et donnent des ordres illégaux qui mettent les élèves en danger. Le Proviseur en question est une figure du SNPDEN, grand syndicat des personnels de direction.

Roland Veuillet n’a rien à attendre de la justice administrative, puisqu’elle ne juge que sur la forme. Or la forme est respectée, mais le dossier est fabriqué à charge : il s’agit d’une cabale.

En 2003, on suspend Roland Veuillet sans explication, et on l’accuse de mettre à mal la sécurité des élèves. En 2007, on veut le déclarer en abandon de poste alors qu’il est en grève, puis on veut le faire passer pour un dangereux malade mental, afin de le radier pour raison médicale. Le Proviseur et le Recteur ont obtenu une promotion. Est-ce là des méthodes dignes d’un grand ministère chargé de l’instruction de la jeunesse d’un pays démocratique ?

Ce sont bien les méthodes des grands groupes privés qui s’appliquent à la Fonction Publique, mais les fonctionnaires ne sont pas du tout protégés par la loi contre les discriminations anti-syndicales (pas de prud’hommes, pas de salariés protégés, etc.). Ce n’est pas un hasard si ces méthodes patronales arrivent dans une académie « pilote », dans un établissement « à la pointe », avec une direction qui voulait développer au maximum les relations entre le MEDEF et l’école.

Le ministère claironne partout que la sanction a été prise « à bon droit ». Mais si le ministère s’estime blanc comme neige, pourquoi aurait-il peur de la vérité ? Si Roland était un menteur, cette enquête impartiale serait le meilleur moyen de lui clouer le bec ! Le refus de diligenter cette enquête peut-il être autre chose qu’un aveu officiel de la culpabilité de la hiérarchie ?

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