Justice pour Roland Veuillet

Après Besancenot, José Bové

mercredi 7 février 2007

Après Besancenot, c’est au tour de José Bové de soutenir Roland Veuillet. Le 7 février à Aubagne, pour le meeting de lancement de sa campagne, il laissera la tribune, pour quelques minutes, à Éric, en grève de la faim de solidarité. Voici le texte qui sera lu...

Roland Veuillet, est un Conseiller Principal d’Éducation. Depuis 2003 il
est victime d’une cabale de sa hiérarchie. Sanctionné injustement, muté
d’office de Nîmes à Lyon, à 300 kilomètres de sa famille. Le but est
clairement de faire un exemple pour faire taire les autres.

Mais Roland est Marathonien. Du genre têtu. Pendant 4 longues années, il va multiplier tous les recours : mouvements de grève, marathon autour du ministère ; il va courir 16500 km en tout. Une première grève de la faim de 39 jours. Le Conseil Supérieur de la Fonction Publique lui donne raison. Mais De Robien reste droit dans ses bottes. Roland tente le tribunal administratif. Mais les juges refusent de juger l’affaire sur le fond.

Maintenant Roland en est à son 46 jour de grève de la faim. Il a perdu 20% de son poids et rentre dans la zone dangereuse. Il ira jusqu’au bout.

Ce combat de Roland, c’est la résistance à la libéralisation du service public. C’est la résistance à la haute trahison des élus de la République. C’est la résistance à la guerre à mort menée par les hauts fonctionnaires sur les petits.

À commencer par le Proviseur du lycée de Roland, à Nîmes : il essaye de
faire entrer en douce le MEDEF dans le Lycée. Roland s’y oppose. La cabale commence.

Pendant les grèves de 2003, les surveillants paralysent l’internat du
Lycée. Le Proviseur casse le droit de grève et viole la Constitution, en
les faisant remplacer par des élèves majeurs. Cet ordre est illégal. Le
Proviseur le sait, puisqu’il refuse de l’écrire. Roland s’oppose encore
une fois. Il est suspendu quatre mois, sans explication.

Le recteur enchaîne : il utilise des faux en écritures, charge Roland et
le mute d’office à Lyon.

Quant aux ministres, Fillon et De Robien, ils restent fidèles à la ligne
Sarkozy : faire un exemple ; terroriser les autres ; flexibilité zéro.
La flexibilité c’est bon pour les pauvres.

Depuis la défaite de 2003, avec la disparition du statut de surveillant,
de plus en plus d’ étudiants pauvres laissent tomber leurs études ou
triment dans les fast-food.

Depuis la défaite de 2003, le refus d’inspection, inscrit dans la loi, est
violé par le rectorat de Marseille comme dans l’affaire Erwan Redon
identique à celle de Roland mais avec une directrice d’école et un inspecteur cette fois.

Depuis la défaite de 2003, le MEDEF convoque les proviseurs pour leur
dicter leur conduite. Et les recteurs les forment au Management Mac
Donald.

Bref, depuis la défaite de 2003, l’école publique est transformée en
fast-food. Après la mal-bouffe, la mal-école.

Pour toutes ces raisons, le combat de Roland est un symbole. Le symbole de
la résistance acharnée au libéralisme ; le symbole de la résistance à la
guerre des hauts fonctionnaires (pratiquement tous ralliés au libéralisme) contre les petits. Le symbole de la lutte contre la haute trahison des élus (eux aussi pour la plupart tous ralliés au libéralisme) envers la chose publique.

mis en ligne par Antoine

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