Justice pour Roland Veuillet

Veuillet ravale une soupe, mais pas sa dignité

mardi 20 février 2007

Roland Veuillet accepte de nouveau de s’alimenter. Sanctionné suite à un mouvement de grève, il jeûnait depuis bientôt deux mois.

Roland Veuillet a mis un terme, dimanche, à une grève de la faim entamée le 24 décembre. Après être resté près de deux mois sans manger, ce conseiller principal d’éducation (CPE), qui proteste contre une sanction disciplinaire prononcée à son encontre, a accepté de s’alimenter. « Il était extrêmement épuisé, indiquait Laurence Pennequin, cosecrétaire générale de SUD éducation. Son corps ne suivait plus. Il a tout simplement avalé une soupe. ».

Une soupe, donc, mais pas sa dignité. Rentré chez lui afin de se reposer, Roland Veuillet paraît décidé à poursuivre sa lutte. « Le combat continue », prévient d’ailleurs son comité de soutien, lequel s’élargit à mesure que Gilles de Robien s’acharne à refuser la réouverture du « dossier Veuillet ». En 2003, celui-ci était muté d’office de Nîmes vers l’académie de Lyon, après avoir participé à un mouvement de grève dans son établissement. Estimant être victime de discrimination syndicale — et alors qu’un avis rendu par le conseil supérieur de la fonction publique juge infondée cette mutation —, le CPE demande la levée de la sanction, ou à tout le moins l’ouverture d’une enquête administrative.

La CGT, la FSU, la CNT, et bien sûr, SUD éducation, son syndicat, lui apportent leur soutien depuis un bon moment, de même que les parlementaires communistes qui, dès 2004, interpellaient le gouvernement sur ce cas. André Gerin, maire de Vénissieux, et Guy Fischer, vice-président du Sénat (PCF l’un et l’autre), étaient à ses côtés, vendredi, lors d’une conférence de presse, tandis que Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et José Bové, candidats à la présidentielle, lui ont signifié leur appui. Plusieurs enseignants ont observé - ou observent - un jeûne de solidarité. Et hier, une manifestation était organisée à Marseille, à l’occasion de la venue du ministre de l’Éducation.

Mais la cause de Veuillet a rallié plus de soutien encore depuis la semaine dernière quand est tombé l’ordre de le faire interner. Mercredi, le CPE était hospitalisé contre son gré dans un établissement psychiatrique. Aussitôt, la Ligue des droits de l’homme réagissait, estimant que le procédé « illustre un nouveau durcissement de la réponse répressive au mouvement social ». L’Union syndicale de la psychiatrie (syndicat de médecins psychiatres) dénonçait pareillement « cette forme d’hospitalisation sous contrainte », rappelant que « la psychiatrie n’est pas un goulag où l’on enferme les opposants ».

Dès jeudi, un avis médical tombait, qui stipulait que Veuillet est sain d’esprit et que rien ne justifiait son internement : après vingt-quatre heures d’hospitalisation, le CPE était libre. Mais son comité de soutien n’entend pas en rester là et devrait engager, cette semaine, une action en justice, avec constitution de partie civile.

Quant à la revendication initiale — celle d’ouvrir une enquête —, elle reste bien sûr d’actualité. Sera-t-elle entendue ? La réponse devait tomber hier, en fin d’après midi, avec les conclusions d’un médiateur nommé par Gilles de Robien.

Marie-Noëlle Bertrand

mis en ligne par Gilles Frapper

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