Justice pour Roland Veuillet

Un conseiller d’éducation en grève de la faim interné d’office

mercredi 14 février 2007

Roland Veuillet a cessé de s’alimenter depuis 53 jours pour protester contre sa mutation, décidée à la suite de sa participation à une grève. À Marseille, des enseignants se sont rassemblés devant l’Inspection académique pour le soutenir.

Roland Veuillet, un conseiller d’éducation en grève de la faim depuis 53 jours pour protester contre une sanction administrative prise à la suite d’un mouvement social, a été hospitalisé d’office sur demande du préfet, mercredi 14 février, dans un hôpital psychiatrique de Lyon.

Laurence Pennequin, membre de Sud-Éducation, a annoncé que le syndicat allait déposer une requête afin de faire annuler cette mesure. Le syndicat dénonce dans un communiqué des « méthodes répressives, dignes d’un État totalitaire ». Cette décision intervient alors que Roland Veuillet avait été admis le 10 février dans un hôpital de la région lyonnaise dans un état jugé « inquiétant ». Le CPE avait savoir que même hospitalisé il continuait sa grève, interdisant qu’on le perfuse ou le nourrisse de force.

Afin de débloquer la situation, Gilles de Robien a fait savoir mardi 13 février qu’il chargeait le médiateur de l’Éducation nationale d’une mission « pour proposer rapidement des solutions permettant de mettre fin » à la grève de la faim de Roland Veuillet.

Camp symbolique à Marseille

En soutien à Roland Veuillet, une vingtaine de professeurs et d’instituteurs marseillais ont campé symboliquement, mercredi, devant l’Inspection académique de Marseille.

« On s’est rassemblé pour soutenir un collègue dont la vie est en jeu », a déclaré Hélène Ohresser, professeur d’histoire et géographie au lycée Diderot, et syndiquée à Sud-Éducation. « Je ne peux pas travailler pour un ministre qui est un assassin puisqu’il laisse mourir un de ses employés », a ajouté l’enseignante.

Les professeurs, appartenant à plusieurs syndicats ou organisations (CGT, FSU, Sgen-CFDT, CNT) et qui affirmaient être environ 70 à la mi-journée, ont symboliquement dressé une tente pour démontrer leur détermination à « revenir tous les jours ». Depuis un mois, ils se rassemblent chaque mercredi devant l’Inspection académique.

Une intersyndicale au ministère

Mardi, une intersyndicale conduite par le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri avait été reçue au ministère de l’Éducation.

« Mission sera donnée au médiateur de l’Éducation nationale, l’inspecteur général Jean-Marie Jutant, pour proposer rapidement des solutions permettant de mettre fin à la grève de Roland Veuillet tout en respectant les statuts de la Fonction publique et les jugements rendus », a déclaré le ministère de l’Éducation dans un communiqué diffusé mardi après-midi, au terme de la rencontre avec les syndicats.

« A la demande de Gilles de Robien, la suggestion de l’intersyndicale de saisine du président de la commission de recours du Conseil supérieur de la Fonction publique est examinée », ajoute le communiqué.

Roland Veuillet a entamé une grève de la faim le 24 décembre 2006 pour réclamer l’annulation de sa mutation d’office de Nîmes à Lyon en 2003. Selon la justice, il avait été sanctionné pour avoir entraîné des dysfonctionnements dans son établissement, en prenant « l’initiative de libérer de leurs obligations » des surveillants pendant une grève des maîtres d’internat.

Depuis, Roland Veuillet multiplie les actions pour protester contre cette sanction. Il avait déjà fait une grève de la faim en 2004 pendant 38 jours et avait réalisé des courses à pied sur les trajets Nîmes-Lyon et Lyon-Paris. Il avait reçu de soutien de plusieurs personnalités. Lundi, Goulven Kerien, secrétaire général départemental du SNES de Seine-Saint-Denis, a ainsi annoncé avoir entamé lui aussi une grève de la faim pour soutenir Roland Veuillet.

(Avec AP)

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