Justice pour Roland Veuillet

Solidarité avec Roland Veuillet et Jean Philippe Joseph

lundi 26 février 2007

Déclaration de la section SNES / FSU du lycée Jean Baptiste Dumas à Alès

Roland Veuillet était conseiller principal d’éducation au lycée Dhuoda de
Nîmes. En janvier 2003, il s’est opposé, lors de la grève des surveillants
et aides éducateurs, à la demande de remplacement des surveillants
grévistes par des élèves majeurs. Il a alors été sanctionné et muté
disciplinairement de Nîmes à Lyon dans des conditions qui nous
apparaissent contestables.

L’avis consultatif du Conseil supérieur de la fonction publique (CSFP) du
25 janvier 2005 a d’ailleurs appelé à une annulation de la sanction. Mais
les ministres successifs n’ont pas suivi cet avis. D’autre part, le 17
octobre 2006, les conclusions du commissaire du gouvernement devant la
cour administrative d’appel de Lyon invitaient de nouveau à suivre l’avis
du CSFP. Le commissaire du gouvernement ajoutait que « M. Veuillet a agi
avec professionnalisme et dévouement en gérant comme il l’a fait le
problème de la surveillance de l’internat
 ».

Depuis trois ans et demi, Roland Veuillet refuse une sanction qui entache
sa dignité. Marathonien, il a protesté en parcourant presque 16 500
kilomètres. Il a aussi effectué une première grève de la faim de
trente-huit jours, entre les mois d’août et d’octobre 2004, devant le
ministère de l’Education nationale à Paris, puis une seconde devant la
cour administrative de Lyon, le 24 décembre dernier.

Mais le ministère de l’Éducation nationale persiste à rester sourd à ses
légitimes demandes de réhabilitation. Épuisé à l’extrême, Roland Veuillet
a suspendu sa grève de la faim et a recommencé à se réalimenter
partiellement, sans surveillance hospitalière, dimanche 18 février au
matin, au 57e jour. Dans cette affaire, on a observé les signes d’un
véritable acharnement bureaucratique. Ainsi, de manière inacceptable dans
un État de droit, Roland Veuillet a été interné arbitrairement dans
l’hôpital psychiatrique du Vinatier du 13 au 14 février. Fort
heureusement, l’impeccable déontologie des médecins psychiatres de cet
établissement public a permis sa rapide libération.

Aujourd’hui, au lycée Jean Baptiste Dumas, en solidarité avec Rolland
Veuillet, un autre de nos collègues, Jean Philippe Joseph est en grève de
la faim depuis 9 jours. Pourquoi : « je poursuis ma grève de la faim pour
que Roland Veuillet soit approché des siens, pour qu’on ne stigmatise pas
l’action politique alors qu’on se gargarise d’« éducation à la citoyenneté », pour qu’on arrête de médicaliser et de psychiatriser celles et ceux qui
sont encore en vie, qui réagissent encore en humains. »

Le ministre doit entendre l’avis de CSFP et du commissaire du
gouvernement. Le mépris, cela suffit ! Un de nos collègues c’est mis en
péril pour retrouver son honneur, pour plus de justice, un autre se met en
danger, certes par solidarité, mais aussi et surtout pour dénoncer
l’acharnement avec lequel des syndicalistes ou simples personnel
d’éducation soucieux de faire correctement leur métier peuvent être
traités.

Nous disons stop, arrêter. Monsieur le ministre, vous ne pouvez pas
continuer à louvoyer. Réhabiliter Rolland Veuillet dans sa dignité, dans
ses droits, et que Jean Philippe Joseph puisse sereinement reprendre son
activité. Vous ne pouvez pas pousser jusqu’aux dernières limites de leur
corps, avec tant d’inhumanité, ceux qui défendent avec tant de ténacité
l’école, la justice et l’équité.

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