Justice pour Roland Veuillet

Répression syndicale

jeudi 16 septembre 2004

Roland Veuillet est suspendu de ses fonctions de conseiller principal d’éducation (CPE) depuis le 3 février 2003, en raison de ses activités syndicales. Il a entamé une grève de la faim le 30 août.

Après les dernières luttes contre le démantèlement des services publics, une vague de répression s’abat sur les acteurs du mouvement social.

Roland Veuillet, conseiller principal d’éducation (CPE) au lycée Dhuoda à Nîmes avant les grèves de 2003 et syndiqué à SUD-Éducation, est maintenant à Lyon depuis un an, muté d’office hors de l’académie de Montpellier à la suite d’une procédure disciplinaire engagée contre lui, pour avoir « porté atteinte au bon fonctionnement de son lycée et pour avoir mis en danger les élèves ». On lui reproche d’avoir « activement » participé à la grève des surveillants et des aides-éducateurs en lutte contre la disparition de leur statut, et de s’être opposé au remplacement des surveillants grévistes.

Le 3 février 2003, Roland est suspendu de ses fonctions de CPE avec comme seul motif un rapport du proviseur lui reprochant exclusivement des activités syndicales pendant une grève : « être badgé gréviste, distribuer des tracts, organiser des réunions, s’adresser aux non-grévistes... » Le recteur refusera d’engager une enquête sur le lycée à propos des pratiques autoritaires de ce proviseur, maintes fois dénoncées par l’intersyndicale. Il refusera aussi de retenir les témoignages écrits déposés par la défense. Le conseil de discipline du 15 avril 2003 fut une véritable parodie de justice : il a tout de même permis de démontrer qu’aucune faute professionnelle ne pouvait être reprochée au CPE syndicaliste. Aucune sanction ne fut votée, mais sur la base d’un procès-verbal tronqué, Luc Ferry a prononcé la sanction applicable le 3 juin 2003. À cette rentrée, François Fillon a pris la décision d’imposer à Roland Veuillet une deuxième année à Lyon.

Les rassemblements devant le rectorat, la pétition signée par plus de 5000 personnes n’ont pas réussi à faire céder le ministère. Roland, de son côté, a entrepris une forme originale d’action : courir contre l’arbitraire (5000 km parcourus en un an), pour maintenir la pression et affirmer qu’on ne doit jamais se résigner. À l’issue d’un septième Arbitrairathon, entre le 13 et le 29 août, et face au silence obstiné de Fillon, Roland a engagé une grève de la faim devant le ministère. Il demande la réouverture complète du dossier, une commission d’enquête et l’annulation de la sanction en attendant les résultats de l’enquête.

Seul dans sa grève de la faim, Roland ne l’est pas devant la répression syndicale. Il côtoie des enseignants grévistes non titulaires privés de poste après le mouvement de 2003, des grévistes poursuivis par la direction de l’hôpital d’Évry ou par la direction d’EDF pendant les grèves de juin 2004, ou par la direction d’Aventis, Faty Mayant, porte-parole des grévistes lors du conflit d’un an des femmes de chambre d’Arcade, licenciée le 15 mai 2004. De nombreuses poursuites pénales sont en cours après plainte... de la SNCF, pour « envahissement des voies de chemin de fer », contre des enseignants et des postiers. Et chacun garde en mémoire l’agression violente, par les forces de l’ordre, des faucheurs volontaires d’Auch.

Contre la répression et l’arbitraire, Roland doit obtenir justice.

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