Justice pour Roland Veuillet

La révolte de Roland Veuillet mise sous camisole

samedi 17 février 2007

Éducation . La décision d’interner en hôpital psychiatrique le conseiller d’éducation gréviste de la faim a été refusée par les psychiatres.

La psychiatrie pour traiter la révolte ? En grève de la faim depuis cinquante-quatre jours pour dénoncer l’injustice dont il dit faire l’objet, Roland Veuillet, conseiller principal d’éducation (CPE), a été hospitalisé contre son gré dans un établissement psychiatrique. La décision a été prise par le préfet du Rhône, mercredi 14 février, le lendemain du jour où le ministre de l’Éducation a nommé un médiateur dans ce qui est devenu « l’affaire Veuillet ». En 2003, ce CPE de Nîmes, père de trois enfants, avait été muté d’office vers l’académie de Lyon, à 300 kilomètres de chez lui, suite à sa participation à un mouvement de grève.

Depuis, lui-même et plusieurs syndicats dénoncent une répression pour faits militants (l’Humanité du 13 février et du 6 février). L’entrevue de mardi avait, déjà, laissé les organisations amères, Gilles de Robien persistant à refuser la levée de la sanction, en dépit des avis rendus par le commissaire du gouvernement et le Conseil supérieur de la fonction publique.

L’internement psychiatrique forcé survenu mercredi a provoqué, une indignation générale. La Ligue des droits de l’homme (LDH) a dénoncé une politique liberticide dont Roland Veuillet ne serait qu’une première victime : « Au moment où s’achève la discussion d’un projet de loi autorisant les maires à décider, sans certificat médical, de faire interner n’importe quel administré, la décision du préfet illustre un nouveau durcissement de la réponse répressive au mouvement social et une régression de la liberté individuelle. »

Sur le même ton, le SNES-FSU de Bordeaux a estimé que « le gouvernement psychiatrise une protestation syndicale », tandis que l’Union syndicale solidaire notait qu’un tel agissement est « indigne d’un pays démocratique ». Jusqu’à l’Union syndicale de la psychiatrie (syndicat de médecins psychiatres) qui a dénoncé, dans un communiqué commun avec SUD, « cette forme d’hospitalisation sous contrainte ». C’est aussi ce qu’a dû penser le psychiatre chargé d’examiner Roland Veuillet. Celui-ci a transmis à la préfecture un avis dans lequel il indique que Roland Veuillet est sain d’esprit et qu’il n’y a pas lieu de signer d’arrêté d’hospitalisation d’office.

Marie-Noëlle Bertrand

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