Justice pour Roland Veuillet

Dépôt de plainte pénale pour hospitalisation d’office abusive

jeudi 1er mars 2007

Ce 28 février, Roland Veuillet a déposé plainte contre Gilles de Robien, auprès du Procureur de la République, au Tribunal de Grande Instance de Lyon.

R. Veuillet était Conseiller Principal d’Éducation au lycée Dhuoda de Nîmes. Il s’était opposé à la mise en place d’une « plate-forme technologique », permettant au patronat local de collaborer au choix des enseignements dispensés et des équipements, et de passer des commandes, exécutées par les élèves de ce lycée. Suite aux actions des personnels protestant contre cette introduction expérimentale d’un droit de regard du MEDEF dans un établissement public, des surveillants et aides-éducateurs se déclarent à leur tour en grève en janvier 2003.

S’appuyant alors sur une « atteinte au bon fonctionnement du service » Vie Scolaire de son établissement, le proviseur du lycée demande une sanction disciplinaire à l’encontre du CPE Veuillet,. Le reproche énoncé : « Depuis le 17 janvier, M. Veuillet s’est déclaré en grève, ostensiblement, pour soutenir le mouvement revendicatif des surveillants et aides éducateurs. » Le recteur de l’Académie de Montpellier sanctionne le CPE, militant du syndicat SUD Éducation, par une mutation disciplinaire à Lyon. Pendant trois ans, Roland Veuillet parcourt un marathon d’environ 16 500 kilomètres en guise de contestation, et entame en aout-octobre 2004 une première grève de la faim devant le ministère de l’Education. Nationale. Tandis que le Conseil Supérieur de la Fonction Publique (CSFP) s’est, depuis, prononcé pour l’annulation de toute forme de sanction à l’encontre de R. Veuillet, le ministère se tait. Le CPE entame une seconde grève de la faim devant le tribunal administratif de Lyon, du 24 décembre 2006 au 24 février 2007. Menacé d’abandon de poste alors qu’il était couvert par un préavis de grève, il se retrouve ensuite en internement psychiatrique par mesure administrative pendant 27 heures, dans des conditions obscures.

Cessant la grève de la faim avec une perte de poids de 20 kg, R. Veuillet est retourné travailler au collège Valdo à Vaulx en Velin (69), le lundi 26 février, à 7h30… Le 28 février, il a déposé plainte pour internement abusif en milieu psychiatrique. contre le ministre de Robien, auprès du Procureur de la République (Tribunal de Grande Instance de Lyon).

Extrait : Monsieur le Procureur de la République. Je souhaite vous rencontrer au sujet d’un délit extrêmement grave commis à mon encontre, et attentatoire aux libertés individuelles et collectives. J’ai été hospitalisé d’office en service de psychiatrie, alors que je poursuivais une action syndicale contre une décision du ministère de l’Education Nationale. Ainsi, un médecin et un maire, ont rédigé une H. O. car je refusais de prendre des psychotropes, pouvant atténuer mes revendications. J’ai déposé une plainte pénale, car je demande à ce que toute personne impliquée dans cette affaire soit punie conformément au lois. Dans l’attente, je vous prie d’agréer Monsieur Le Procureur, l’expression de mes salutations respectueuses. Roland Veuillet.

Tandis que le comité de soutien et l’intersyndicale continuent d’exiger l’annulation de la sanction à l’encontre de Veuillet, avec retour dans son académie d’origine et réparation du préjudice subi depuis quatre ans, plusieurs de ses collègues ont décidé de se mettre en grève de la faim, par solidarité :

Jean-Philippe Joseph, enseignant à Alès, s’est mis en grève de la faim dimanche 18 février.

Eric Basillais, enseignant à Marseille, a effectué une grève de la faim de deux semaine entre le 29 janvier et le 11 février.

Thomas Boos, co-secrétaire de la Fédération des syndicats SUD Éducation, a effectué lui une aussi grève de la faim d’une semaine.

Philippe Corcuff, enseignant-chercheur, a observé un jeûne pendant une semaine en soutien à Roland.

Amparo Ibañez, institutrice à Antécume-Pata en Guyane, a-t-elle aussi effectué une grève de la faim pendant 12 jours. à partir du 8 février

Goulven Kerien, secrétaire départemental du SNES 93, a entrepris, à partir du lundi 12 février au matin une grève de la faim d’une semaine.

Et de nombreux personnels relayent l’alerte : que le ministre de Robien ordonne rapidement la levée de la sanction et l’ouverture d’une enquête administrative !

Nathalie Szuchendler

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